Les escrocs ne visent pas que les grandes entreprises : une boulangerie, un cabinet infirmier ou une association sportive sont des cibles tout aussi intéressantes, parce qu'on y a rarement le temps de tout vérifier. Ce guide s'adresse aux dirigeants de TPE, artisans, commerçants, indépendants et bénévoles. Vous y apprendrez à reconnaître quatre arnaques très répandues, les réflexes qui les déjouent, et quoi faire si vous êtes déjà tombé dans le piège.
Le faux conseiller bancaire
Le scénario est bien rodé : un appel affiche parfois le vrai numéro de votre banque, la personne connaît votre nom, voire vos dernières opérations, et vous annonce une opération suspecte en cours. Pour « la bloquer », elle vous demande de valider une notification dans votre application, de communiquer un code reçu par SMS, ou de remettre votre carte à un coursier.
- Votre banque ne vous demandera jamais de valider une opération pour en annuler une autre, ni de lui donner un code de sécurité.
- Un numéro affiché ne prouve rien : il peut être falsifié.
- Raccrochez, puis rappelez votre conseiller vous-même avec le numéro inscrit au dos de votre carte ou dans votre application.
- Lisez toujours le texte d'une demande de validation avant d'appuyer : il indique le montant et le bénéficiaire réels.
Le faux support technique
Une fenêtre envahit votre écran, parfois avec une alarme sonore : « Votre ordinateur est infecté, appelez immédiatement ce numéro ». Au bout du fil, un faux technicien vous fait installer un logiciel de prise en main à distance, puis réclame un paiement pour un dépannage imaginaire, ou en profite pour accéder à vos comptes.
- Microsoft, Apple ou votre antivirus n'affichent jamais de numéro à appeler dans une fenêtre d'alerte.
- N'appelez pas, ne cliquez pas : fermez le navigateur, au besoin en redémarrant l'appareil.
- N'installez jamais un logiciel de prise en main à distance à la demande d'un inconnu.
- Si vous avez laissé quelqu'un accéder à votre ordinateur, débranchez-le d'internet et faites-le vérifier.
La fausse facture et le changement de coordonnées bancaires
Vous recevez une facture d'un fournisseur habituel, ou un courriel vous informant que ses coordonnées bancaires changent. Le message semble authentique : parfois il vient même de la vraie boîte du fournisseur, qui a été piratée. Le paiement part chez l'escroc.
- Toute demande de modification de RIB doit être vérifiée par téléphone, en appelant le numéro que vous connaissez déjà, jamais celui indiqué dans le message.
- Méfiez-vous des factures pour des prestations que vous n'avez pas commandées, comme une inscription à un annuaire ou un renouvellement de nom de domaine.
- Instaurez une règle simple dans l'entreprise : pas de nouveau bénéficiaire de virement sans double vérification.
L'arnaque au président
Un collaborateur reçoit un message ou un appel de son « dirigeant », ou d'un faux avocat, lui demandant un virement urgent et confidentiel : rachat d'entreprise, contrôle fiscal, opération secrète. L'escroc joue sur l'urgence, le secret et la flatterie. Les outils de clonage de voix rendent désormais ces appels plus crédibles.
- Fixez à l'avance une règle connue de tous : aucun virement inhabituel sans validation par un second canal, par exemple un rappel sur le numéro habituel.
- Convenez d'un mot de passe oral entre associés ou avec votre comptable pour les demandes sensibles.
- Rappelez à vos équipes qu'on ne leur reprochera jamais d'avoir vérifié.
Si vous avez été piégé
- Appelez immédiatement votre banque pour faire opposition ou tenter de bloquer le virement : chaque heure compte.
- Changez les mots de passe des comptes concernés depuis un appareil sain.
- Rassemblez les preuves : captures d'écran, courriels, numéros, relevés.
- Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
- Faites-vous accompagner par 17Cyber, le service public d'assistance aux victimes de cybermalveillance.
- Signalez une fraude à la carte bancaire sur la plateforme Perceval, accessible depuis service-public.fr.
Vous pouvez aussi signaler un SMS frauduleux en le transférant au 33700, et consulter les fiches pratiques de cybermalveillance.gouv.fr, régulièrement mises à jour avec les nouvelles arnaques.
La liste à cocher
- Vous ne communiquez jamais un code reçu par SMS à quelqu'un qui vous appelle.
- Vous rappelez toujours votre banque vous-même, avec le numéro que vous connaissez.
- Vous n'appelez jamais un numéro affiché dans une alerte à l'écran.
- Tout changement de RIB est vérifié par téléphone avant paiement.
- Aucun virement inhabituel ne part sans double validation.
- Vos collaborateurs connaissent ces règles et savent qu'ils peuvent vérifier sans crainte.
- Vous avez noté le numéro d'opposition de votre banque.
Un message vous semble douteux ? Le détecteur d'arnaques gratuit du Labo IA vous aide à l'analyser en quelques secondes. Pour former votre équipe à ces réflexes, un échange sans engagement est possible sur /rendez-vous.
Questions fréquentes
Ma banque peut-elle m'appeler pour une fraude ?
Oui, mais elle ne vous demandera jamais de code, de valider une opération ni de remettre votre carte. Dans le doute, raccrochez et rappelez-la vous-même.
Le virement est parti : est-il trop tard ?
Pas forcément. Appelez votre banque sans attendre : un virement peut parfois être bloqué ou rappelé s'il est signalé très vite.
Où signaler une arnaque ?
Selon le cas : 17Cyber et cybermalveillance.gouv.fr pour être aidé, le 33700 pour un SMS frauduleux, la plateforme Perceval pour une fraude à la carte, et une plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
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